L’HISTOIRE DE MULLCA

Pourquoi MULLCA ?

Deux amis associés à l’origine, Robert MULLER et Gaston CAVAILLON d’où MULLCA.

Après la Libération, en 1947, Gaston CAVAILLON crée avec 10 employés la SARL MULLCA au capital de 200.000 francs installée 6, rue de Sablonville à Paris 17ème et consacre d’abord son activité à la fabrication et commercialisation de mobilier scolaire répondant ainsi à la forte demande du marché du fait du « baby-boom ».

Robert MULLER apporteur de capital se désintéresse rapidement de l’affaire et revend ses parts entre octobre 1948 et Mars 1949 à Gaston CAVAILLON qui reste seul aux commandes de l’entreprise.

Lettre de R. MULLER du 23 septembre 1948 concernant la vente des parts de MULLCA à Gaston CAVAILLON.

Pendant les premières années d’exploitation de 1947 à 1950 MULLCA commercialise une chaise semblable au modèle d’avant-guerre, toujours sous la référence 514. Elle est encore approvisionnée chez Le Soufaché et Félix qui n’a pas modifié son catalogue.

Lettre de R. MULLER du 23 septembre 1948 concernant la vente des parts de MULLCA à Gaston CAVAILLON.

Pendant les premières années d’exploitation de 1947 à 1950 MULLCA commercialise une chaise semblable au modèle d’avant-guerre, toujours sous la référence 514. Elle est encore approvisionnée chez Le Soufaché et Félix qui n’a pas modifié son catalogue.

Rapidement le sigle MULLCA est modifié pour prendre son graphisme définitif détournant le panneau de signalisation routière annonçant la proximité des écoles.

Retour aux origines... Les années 1900

L’histoire de l’entreprise trouve son origine avec la société Le Soufaché et Félix qui produisait un modèle précurseur figurant à son catalogue. Cette chaise portait le numéro de référence 514 et elle fut également distribuée avant-guerre par la Compagnie Parisienne d’Ameublement

L’usine Le Soufaché et Félix, installée à Noisy-le-Sec était un établissement issu d’un groupe qui avait été pionnier dès le début du 20ème siècle pour la fabrication des tubes d’acier. L’usine mère était implantée à l’origine à Montluçon dans des ateliers achetés en 1904, dénommée « Usine des Fers Creux » appellation en rapport avec les tubes en fer et en acier qu’elle fabriquait. La filiale de Noisy-le-Sec avait pour mission de promouvoir les applications du tube d’acier soudé mince et notamment dans le mobilier.

A l’époque des débuts de MULLCA les fabrications MULLCA sont donc réalisées dans l’établissement de la rue de Sablonville. Il s’agissait d’un local initialement dédié à la réparation automobile comme il y en avait beaucoup dans les quartiers des Sablons et des Ternes qui avaient été le berceau de l’automobile au début des années 1900.

Les bureaux étaient en mezzanine et les travaux s’effectuaient au rez de chaussée de plain-pied.

L’activité était essentiellement consacrée au montage et à la finition des meubles c’est-à-dire au vernissage du bois et à la peinture du métal. Les menuiseries arrivaient toutes façonnées de chez les fournisseurs et les structures métalliques étaient approvisionnées chez Le Soufaché et Félix à Noisy-le-Sec qui continuait ainsi à être le sous-traitant privilégié.

Garage semblable à celui de la rue de Sablonville qui ne possédait cependant qu’un seul niveau de mezzanine.

Très rapidement, compte tenu du développement commercial exceptionnel, le local de la rue de Sablonville s’avère trop exigu et il est entrepris en 1950 la construction d’une nouvelle usine. Le lieu choisi est l’avenue de Bobigny à Noisy-le-Sec sur un terrain mitoyen de celui où est installée l’usine Le Soufaché et Félix. Cette dernière société est le sous-traitant pour tous les éléments métalliques des meubles MULLCA.

L’activité continue à se développer et au milieu des années 50 la clientèle de MULLCA représente 90 % du chiffre d’affaires de Le Soufaché et Félix. C’est ainsi qu’en 1956 la maison mère qui était devenue Escaut-et-Meuse, puis Lorraine-Escaut (qui deviendra USINOR) propose à Gaston CAVAILLON de racheter Le Soufaché et Félix ce qui est rapidement réalisé et avec la fusion des deux usines mitoyennes un complexe industriel d’envergure est créé.

De 1950 à 1955 l’activité de MULLCA, devenue une Société Anonyme, s’est considérablement développée, tant sur le plan commercial que sur celui de l’outil industriel.

Un nouveau Département est créé pour la fabrication et la commercialisation de tables et sièges de cuisine : PLASTILUX qui rencontre rapidement le succès grâce à la qualité de ses fabrications et à la novation représentée par l’utilisation du FORMICA, matériau nouveau à l’époque.

Salon des Arts Ménagers 1956

MULLCA maitrisait les techniques d’utilisation du Formica. En effet, dès 1948, l’entreprise avait obtenu le marché des mobiliers de réfectoire de l’armée américaine en France. Le cahier des charges imposait l’usage du FORMICA qui devait alors être importé d’Angleterre auprès de la société De La Rue.

Autre diversification importante, la petite production d’échelles métalliques qui existait au sein de la société Le Soufaché et Félix avec un procédé ingénieux de sertissage des échelons est développée sous la marque TUBESCA avec une politique industrielle et commerciale innovante et offensive déterminée par Gaston CAVAILLON.

Une nouvelle usine consacrée à ces fabrications est implantée à Ailly-sur-Noye dans la Somme et quelques années plus tard TUBESCA deviendra le leader européen du marché des échelles.

Gaston CAVAILLON (à droite) sur le stand PLASTILUX au salon des Arts Ménagers 1956

MULLCA signe un accord de licence avec l’UGAP

Face au considérable succès commercial et aux risques de rupture d’approvisionnement, l’UGAP (Union des Groupements d’Achats Publics) organisme qui avait à l’époque le monopole de la fourniture aux établissements scolaires publics sollicite auprès de MULLCA un accord de licence afin que la chaise 510 puisse servir de base à une consultation que lancerait cet organisme auprès de tous les fabricants. Cet agrément permettant en outre à l’UGAP de peser sur les prix en faisant jouer la concurrence entre producteurs.

La convention est entérinée fin 1973 et à l’issue d’un appel d’offres lancé sous licence par l’UGAP, la chaise 510 est fabriquée pour ce segment de marché par MULLCA et par deux autres fabricants fournisseurs de l’UGAP, les sociétés LAFA à Aurillac et SIMIRE à Mâcon. L’accord conclu à cette période contribuera, par les larges possibilités d’achat et de distribution de l’UGAP, à la diffusion et au succès considérable de ce modèle ainsi qu’à son prestige.

Demande officielle de l'UGAP à MULLCA

A cette période l’UGAP lançait ses appels d’offres sur un modèle qui correspondait à la chaise 511 (Voir plus haut). MULLCA  proposait en variante sa chaise 510, beaucoup plus esthétique, que les clients de l’UGAP réclamaient en priorité.

Le 16 novembre 1973 – Courrier de l’UGAP formalisant l’accord

A partir des années 1980 et suivantes l’outil industriel de MULLCA à Noisy-le-Sec est considérablement modernisé. Que ce soit dans la métallurgie ou le travail des panneaux bois les techniques de production et d’automatisation les plus performantes sont utilisées pour la mise en œuvre des mobiliers.

En 1990 le Groupe INDUSCA dans lequel figurait MULLCA, TUBESCA, TUBESCA gmbh et COGNET (leader de la fabrication d’échelles en bois, racheté quelques années plus tôt) est à son apogée.

L’activité industrielle est performante en raison des investissements ayant optimisé l’ensemble des processus de fabrication. Le succès commercial est présent dans les différents domaines d’activité et la rentabilité satisfaisante.

C’est à cette époque que le groupe familial CAVAILLON décide de céder ses activités industrielles.

L’acheteur sera France Bois Industrie, filiale du Groupe PINAULT (Aujourd’hui Kering/Artémis) qui cherchait à l’époque à se renforcer dans l’industrie du meuble.

Cette transaction eut pour corollaire auprès des ayants droit de Gaston CAVAILLON la cession des droits de propriété de la chaise 510.

En 1996, MULLCA, qui était passée entre différentes mains après son rachat, est mise en redressement judiciaire.

La cessation totale d’activité intervient en 1997 avec la fermeture définitive des usines de Noisy-le-Sec.

La fabrication de la chaise 510 est reprise par la Société LAFA qui était intégrée au Groupe PINAULT et avait antérieurement, comme fournisseur de l’UGAP, bénéficié de la licence accordée par Gaston CAVAILLON à cet organisme administratif.

Aujourd’hui la chaise 510 est toujours fabriquée par la Société LAFA d’AURILLAC qui a changé de mains et n’est plus depuis longtemps dans le Groupe PINAULT. Elle figure encore également au catalogue de l’UGAP centrale d’achat public.

Une réédition de qualité est proposée par la Société LABELEDITION estampillée « La 510 originale » sous l’autorité de Monsieur Nicolas GIRARD, son Directeur, avec l’autorisation et le concours de la Société LAFA pour la fabrication.

LABELEDITION rencontre un succès mérité avec la 510 auprès des prescripteurs, architectes, décorateurs, et installateurs.