Histoire de la chaise
A l’origine, un modèle précurseur était fabriqué par la société Le Soufaché et Félix, fournisseur de la Compagnie Parisienne d’Ameublement. Il figurait au catalogue avec la référence 514.
Dans la période de l’après-guerre 14-18 le développement de la fabrication industrielle du tube d’acier mince a permis d’abaisser considérablement le prix de revient de ce produit très intéressant par ses qualités de résistance mécanique et ses possibilités de mise en œuvre pour des fabrications en série.
Entre les deux guerres, de 1920 à 1940 le tube d’acier a été couramment utilisé par l’industrie du mobilier métallique sous l’influence de nombreux créateurs de modèles qui ont trouvé avec ce produit, comme leurs prédécesseurs du Bauhaus, une nouvelle source d’inspiration et un moyen de mise en œuvre économique.
Durant cette période les besoins grandissants des collectivités, et particulièrement des établissements d’enseignement, pour un modèle de siège robuste et peu coûteux contribuèrent à l’élaboration d’une chaise empilable à armature en tube d’acier cylindrique avec assise et dossier en contreplaqué vissés sur le piètement. Ce modèle sera très largement diffusé par divers distributeurs. En particulier par la Compagnie Parisienne d’Ameublement, société spécialisée dans la fourniture de mobilier aux administrations publiques et privées, dont Gaston CAVAILLON sera le directeur commercial.
Le courant artistique du Bauhaus (1919 – 1933) fondé par l’architecte allemand Walter Gropius prônait l’utilisation de méthodes industrielles pour la fabrication d’objets jusque-là réservée à la production artisanale. Les designers de cette école ont largement utilisé le tube d’acier pour leurs créations de mobilier.
De petits ajustements viennent progressivement améliorer le produit
Encastrement latéral de l'assise
Pour protéger les rives du contreplaqué abimées lors des chocs à l'utilisation ou à l'empilage.
Rivetage des assises et dossiers
Suppression des vis dont la tenue n'était pas éprouvée dans le temps.
La chaise est commercialisée désormais sous la référence 511.
Référence qui subsistera avec les améliorations qui suivirent.
Cette chaise connaît un vif succès de 1950 à 1965 et, au cours de cette période, bénéficie de nombreuses améliorations successives que Gaston CAVAILLON demande à son Bureau d'Etudes de mettre en œuvre :
- Traverse de renfort à l'avant du siège permettant l'encastrement de l'assise (2 fonctions en une : Entretoise pour le piètement et protection du bord avant de l'assise en contreplaqué)
- Renfort de soutien de l'assise à l'arrière (par déformation en V du pied arrière pour supporter l'assise)
- Protection du dossier en partie haute par un profil métallique serti
- Protection du bord arrière de l'assise (également par un profil métallique serti sur le contreplaqué et soudé sur le piètement, formant ainsi entretoise arrière) et gousset de renfort métallique du pied arrière
La chaise ainsi perfectionnée, et rendue quasiment indestructible, n’était plus réellement susceptible d’évolution, sur le plan fonctionnel comme sur celui de la solidité.
Par ailleurs l’esthétique n’avait pas été particulièrement privilégiée et le modèle commençait à être déprécié du fait de sa large diffusion.
L’ancien ministre Eugène Claudius-Petit pouvait déclarer à la tribune de l’Assemblée Nationale le 24 octobre 1967, critiquant l’esthétique des écoles et la politique d’achat du Ministère de l’Education Nationale, que l’on achetait « la chaise la plus laide du monde sur laquelle s’assoiront tous les enfants de France depuis l’âge de 2 ans jusqu’à 18 ans » Pour ce qui concerne la chaise scolaire, en prévision d’une désaffection, dès 1963, Gaston CAVAILON avait anticipé qu’une création nouvelle devrait s’imposer, d’autant plus difficile à réaliser qu’il fallait inclure les mêmes fonctions (Empilage parfait, assise et dossier protégés sur toutes leurs rives) et être comparable en robustesse et en prix à la précédente.
Sous son impulsion l’étude est entreprise et aboutit le 16 décembre 1964 au dépôt du brevet N° 1.417.682 qui renouvelle complètement l’esthétique, notamment par la position des pieds arrières. Ceci en assurant la solidité et les fonctions requises par le cahier des charges.
L’assise et le dossier sont maintenus en place de façon invisible, sans vis ni rivets, par sertissage.
(Sertissage : Compression et déformation de la matière permettant l’assemblage de deux pièces).
La chaise porte la référence MULLCA 510 et présente dès lors son aspect quasi définitif.
Une variante sera créée un peu plus tard, à des fins supposées esthétiques, avec des pieds fuseaux utilisant du tube d’acier conifié. Elle portera la Référence 512.
Ainsi qu’un modèle avec entretoise de liaison entre pieds avant et arrière répondant à la demande de l’Education Nationale pour des conditions d’emploi sévères.
La chaise porte la référence MULLCA 510 et présente dès lors son aspect quasi définitif.
Une variante sera créée un peu plus tard, à des fins supposées esthétiques, avec des pieds fuseaux utilisant du tube d’acier conifié. Elle portera la Référence 512.
Sur le plan de la construction de la chaise deux améliorations complémentaires, importantes pour la solidité, sont encore apportées par Gaston CAVAILLON DE 1964 à 1968
- Remplacement des bouchons et du profil en partie haute du dossier par un listel en une seule pièce.
- Emboutissage des pieds avant dans leur partie horizontale parallèle à l'assise afin que celle-ci repose sur le tube. Tout fléchissement devenant impossible.
Dans cette utilisation un listel peut être défini comme une baguette servant à faire l’encadrement de différents éléments.
En 1976 l’élaboration des Normes et certifications pour le mobilier d’éducation rendra nécessaire quelques très légères retouches dimensionnelles qui figeront la chaise dans ses dimensions actuelles.